Pa­ral­lèle s’as­so­cie à art-cade ga­le­rie des grands bains douches de la Plaine et le Châ­teau de Ser­vières pour don­ner à voir le tra­vail d’ar­tistes vi­suels ré­cem­ment diplômé·e·s d’écoles su­pé­rieures d’art, dans le cadre de La Re­lève. Cette septième édi­tion, inau­gu­rée comme chaque année à l’oc­ca­sion du fes­ti­val, réunit vingt ar­tistes au Château de Servières et un collectif à art-cade ga­le­rie des grands bains douches de la Plaine, retenu·e·s suite à un appel à pro­jets sur la thé­ma­tique « Notre part belle ». 

© plateforme parallele

Artistes de l'exposition :
Hutarr Von Yug, Maymouna Baradji, Léonard Contramestre, Evangeline Font, Simon Gabourg, Liv Jourdan, Marie Lafaille, Fanette Lambey, Louïse Lett, Titouan Makeeff, Marguerite Maréchal, Iris Millot, Simon Pastoors, Chloé Poey-Lafrance, Alexis Puget, Romain Ravera, Anaïs Roubertou, Sébastien Schnyder, lila schpilberg, Baptiste Thiebaut Jacquel
Deneb-Vega-Tarazed
assemblages sculpturaux, dimensions variables, objets glanés, gravier de chantier, cire d'abeille, plastique polymorphe, consoles DS, 
matériel électronique, vidéos 16:10 min., impression, dessin au fusain, texte

Dans la nuit du 7 août 2024, j’observais les étoiles assis sur un banc, du moins au début. J’avais dans mon sac noir à bandoulière quelques bières et une enceinte. Une petite enceinte comme un talisman. La porte-harmonie, la garde du coeur. Je m’étais résigné à assister aux pluies d’étoiles filantes avant l’heure car les nuits aux probabilités les plus fortes s’avéraient être quelques jours plus tard. Les bancs de l’Antiquité se rapprochaient de ce que l’on a nommé des exèdres, ce sont de petites assises accolées aux murs qui permettent un moment de discussion à couvert. Là, j’étais seul. Je n’étais pas dans un bâtiment. Je n’étais pas assis sur ce que l’on caractérisa dans les années 60 de “mobilier urbain”. J’étais sur mon exèdre nocturne, je n’avais pas quelqu'un à qui faire des messes basses. 

Un jour, une connaissance m’a parlé de son amour pour la notion d’épiphanie, je crois que cette nuit-là en fut une. Dans la nuit et sous la timide voie lactée, humble nuage de mondes, mes pas crissaient sur le terre-plein de sable qui s’avançait sur le Lac. À la lueur de la torche de mon téléphone, l’arbre, puis la poubelle, le panneau et le Banc se dévoilaient en des points clés de l’endroit. Balises. Le banc fût choisi, le sac déposé, l’enceinte-oracle activée et la playlist lancée. Pensées boréales, son nom. C’est dans la solitude que l’on commence à parler aux choses, à penser en interaction avec tout autre possible. Pas seulement le parlant, le bruyant et l’animé. Alors, je commençais à observer, patient. Se dire que l’on est en vacances, que nous sommes pour un temps vacant.es de notre quête quotidienne, aide un peu aussi. Mise à jour de læ joueur.euse, repassez plus tard. Puis une, deux traînées de lumière qui passent. Celles-là, je les ai vues. Je me mets à remercier tout bas quelque chose d’inqualifiable. De fines traînées, agiles, Furtives. Je crois que c’est un peu après, quand le compte arrivait à dix, que l’épiphanie s’est déclenchée. Elle n’est pas aussi directe que l’on pourrait la définir, elle est douce. Elle monte tendrement dans la tête, elle serre le coeur, fait frissonner la peau peu à peu. Elle accorde un retrait hors du masque, elle susurre quelque chose d’enivrant.

Sur le Banc, parfois à côté, dansant debout la solitude et clamant mon amour pour elles. Les lueurs qui brillent au loin et nous apportent par moment des fragments de leurs histoires, dansent aussi.

Texte dans l'installation
© photographiques Titouan Makeeff, Louise Lett, Jean-Claude Lett 
Logs 
Les textes défilants dans les vidéos ci-dessous sont des Logs : de courtes notes en anglais qui s’apparentent à des entrées d’un journal de bord. Elles constituent une série évolutive in progress commencée en 2022 et visible en description de chaque nouveau post instagram. Le principe des Logs est d’ajouter une strate descriptive à l’imagerie qui y est corrélée. Non comme description littérale mais comme une sorte de rapport sensible à l’instant de visualisation. La création de chaque nouvelle entrée se fait sur l’instant de la publication, cela prend en compte l’humeur, la relation intime à ce qui est photographié, ainsi que le sentiment procuré par l’endroit où je me trouve au moment de l’écriture. C’est un geste succinct et non prémédité renvoyant également à l’instantanéité du réseau social qui utilise l’aspect direct d’imageries défilantes comme récit fragmentaire. 

Dans le cadre de l’installation Deneb-Vega-Tarazed, les Logs sont présentés dans des dispositifs portatifs - des consoles de jeu portables (Nintendo DS "Tank"). Un lien se crée entre le quotidien intime lié à l’objet qui se tient dans une main et sa capacité à nous ouvrir des récits, ainsi que le matériau propre à un contexte extérieur qui vient s’immiscer dans une narration évolutive et y prendre racine.
Vidéos présentes dans l'installation :
Vidéo de présentation adaptée au format instagram :
(Sculpture digitale et animation)